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Changer de comportement de santé, comment?

Les bénéfices des campagnes nationales de prévention santé

Les campagnes de promotion de la santé diffusées dans les grand médias permettent d’aller à l’encontre des idées reçues et ainsi, d’informer le grand public sur les comportements favorables ou délétères pour la santé.

Les médias occupent une place essentielle pour éviter la simplification des attitudes favorables à la santé, et toucher une large population.

Si les connaissances sont améliorées chez les personnes de bon niveau socioculturel, les campagnes médiatiques présentent des résultats modestes en matière de changement de comportement.


Un message de santé, on le connaît souvent, on se l’approprie parfois, mais on se l’applique rarement au quotidien. 

Si les messages de santé proposés dans les grand médias sont intégrés  en fonction de l’arsenal de techniques psychopédagogiques utilisé et conduisent à une modification déclarative des représentations et attitudes à l’égard de la santé, ils ne sont pas nécessairement appliqués dans la vie quotidienne. Les comportements sont peu modifiés à moyen terme.

 

Chez les seniors

où le temps a figé les représentations, attitudes et comportements à l’égard de la santé, tout changement reflèterait, pour les uns, une profonde remise en question provoquant une négation de l’histoire personnelle et/ou trop d’incertitudes sur les bénéfices à attendre, pour les autres une contradiction avec des petits plaisirs du quotidien pour les quelques moments restant à vivre. Ces réticences expliquent les échecs des méthodes éducatives plaquées de manière « frontale » auprès de personnes de plus de 60 ans et les plus vulnérables sur le plan médical, économique, social et/ou culturel.  


Chez les jeunes

les messages de santé véhiculés par les médias ou leurs parents sont perçus comme moralisateurs et/ou peu crédibles. Ces messages sont aseptisés, c’est-à-dire non « incarnés » et contradictoires, notamment si on se réfère à des exemples tels que le « 0 fat », le « light » ou le  français moyen (moyenne qui ne correspond à personne) qui cautionnent la surconsommation alimentaire, ou si l’on compare les discours transmis par les parents à leur progéniture aux comportements opposés qu’ils adoptent. Ces messages de santé sont aussi paradoxaux. Ils véhiculent des idées d’effets néfastes de conduites sur la santé à long terme alors que les jeunes générations sont obnubilées par la performance à court terme.

 

Chez les patients malades chroniques

une maladie chronique est censée justifier bien des comportements à risque. Si les progrès de la médecine permettent aux patients de vivre longtemps avec une maladie devenue chronique, la participation active du patient à sa santé est requise pour éviter l'apparition de complications, d'aggravations, de nouvelles pathologies. Les mécanismes à l'origine de ces conséquences sont en particulier le cercle vicieux du déconditionnement physique, la résignation.   

 

Des générations du « cela ne me concerne pas »

nous connaissons bien souvent les comportements à adopter pour se maintenir en bonne santé, mais il est difficile de se sentir concerné afin de se les appliquer. Nous préférons défendre notre identité (le terroir), notre éducation (nos valeurs) ou encore nos habitudes (nos traditions ancestrales). Malgré les recommandations d’experts, les conférences de consensus, les discours sur la santé pèsent peu sur les actes.

 

Les conditions d’un changement de comportement de santé

Dans la littérature, quatre stratégies permettent à l’individu de changer de comportement de santé, 1 passive et 3 actives.
1. Une forme passive, la disuasion. L’interdiction et/ou la sanction (punitive, financière…) constituent des solutions externes au sujet qui peuvent modifier son comportement. L’environnement contraint la personne à s’ajuster en adoptant un nouveau comportement de santé. A cette méthode peut s’adjoindre la distraction qui détourne au moins temporairement la personne d’un besoin donné.
2. Une première forme active, la maladie ou tout autre événement majeur survenant dans la vie de la personne. Ce traumatisme d’une ampleur vécue différemment d’un individu à l’autre peut être source de modification comportementale.
3. Une autre forme active concerne un trouble de santé chez une proche. Par le jeu de l’identification, ce trouble peut être à l’origine de l’adoption de comportements plus favorables à la santé. Ce changement est une réaction à la mise en évidence d’une cause ayant entraîné ce trouble. Il arrive que ce trouble soit plus mal vécu par l’entourage proche que la personne concernée.
4. Une troisième forme active relève du sens pour le projet de vie et/ou professionnel accordé par la personne. Une conduite précédente l’empêchait de réaliser un projet. Cette modification comportementale, qui fait appel aux ressources cognitives, prend tout son sens pour la personne. Elle n’en est que plus efficace à moyen terme.

 




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