Epsylab

 

          Qualité de vie et maladie chronique

Responsables du thème

Amaria Baghdadli et Marie-Christine Gely-Nargeot

    

   Une maladie chronique correspond à une maladie de longue durée, évolutive, souvent associée à une invalidité et à la menace de complications graves. Ces maladies comprennent (1) des maladies comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), l’asthme, les maladies cardio-vasculaires, les cancers, les diabètes, les scléroses en plaque, les maladies neurodégénératives…, (2) des maladies rares, comme la mucoviscidose, la drépanocytose et les myopathies, (3) des maladies transmissibles persistantes, comme le sida ou l’hépatite C et (4) des troubles mentaux de longue durée comme la dépression ou la schizophrénie. Ces pathologies évoluent plus ou moins rapidement pendant plusieurs mois au minimum, au rythme de complications plus ou moins graves. Elles provoquent souvent des situations de handicap temporaire ou définitif.

   Leur point commun est qu’elles retentissent sur les dimensions sociale, psychologique et économique de la vie du malade (OMS, 2005). La part de mortalité due aux maladies chroniques non transmissibles et aux maladies mentales devrait passer de 46% en 2000 à 60% en 2020. En France, 30 millions de personnes sont concernées (OMS, 2005). L'OMS fait de l'amélioration de la qualité de vie liée à la santé des personnes atteintes de maladies chroniques une priorité (OMS, 2006).

   Ce thème de recherche du laboratoire Epsylon rassemble des études pluridisciplinaires mettant en évidence des processus neuro-psychosociologiques et les prédicteurs des comportements liés aux maladies chroniques, aux troubles du développement et/ou à l’avancée en âge. Davantage que de nous focaliser sur une maladie en tant qu’entité nosologique statique, nous les envisageons comme des processus mouvants, systémiques et dynamiques dépendant des facteurs bio-psycho-sociaux quant à leurs apparitions et leurs évolutions. Il s’agit pour nous d’intégrer l’analyse des processus et les points de ruptures qui favorisent l’émergence des manifestations pathologiques (facteurs de risque, de vulnérabilité). De plus, au-delà de leur repérage clinique et descriptif, il s’agit d’en identifier les mécanismes sous-jacents impliquant l’étude de leurs fonctions adaptatives. Notre approche est complétée par l’analyse subjective que porte un sujet sur sa qualité de vie et sur son équilibre psychique tel qu'il le perçoit.

   Les programmes visent ainsi à (1) à décrire l'évolution des dimensions de la qualité de vie de populations atteintes de maladies chroniques et (2) à mieux comprendre ses déterminants (processus psychologiques en jeu, effets de l'environnement notamment des dispositifs de santé et de prise en charge de façon plus générale). Les travaux s'appuieront sur des méthodes exploratoires, des études de cohorte et des essais randomisés contrôlés. Notre perspective est d'améliorer les dispositifs de prévention, de soins et d'accompagnement de ces publics.

   

Déterminants psychopathologiques et neuropsychologiques de la vulnérabilité psychique liée aux troubles mentaux (responsable du programme : Marie-Christine Gély-Nargeot)

   L’interface psychopathologie/neuropsychologie et la prise en compte des variables environnementales, sont les pierres angulaires de ce programme de recherche. Selon une approche globale, nous étudions les déterminants de la vulnérabilité psychique de patients ou de soignants liés aux troubles mentaux (schizophrénie, TOC…).  Ces déterminants sont appréhendés à travers les fonctions neuropsychologiques les plus intégrées afin d’interroger leurs interactions et modulations réciproques avec les états émotionnels, motivationnels, la conscience de soi, la personnalité.
   Notre perspective est d’améliorer l’identification et la compréhension des phénotypes comportementaux associés à l’expression de la vulnérabilité psychique des patients et de leurs aidants. Ceci à des fins de diagnostiques et pronostiques, mais aussi de prévention et de prise en charge.
   
Dynamique de l’appropriation d'une maladie chronique (responsable du programme : Grégory Ninot)
   L’appropriation est un processus psychologique qui aide une personne atteinte d'une malade chronique à changer de regard sur sa maladie et à améliorer ses conduites de santé. Il correspond à une profonde réorganisation psychique faite d'une prise de conscience qu’il ou elle peut faire face à la maladie et à ses contraintes sur la vie quotidienne, et surtout qu'il ou elle peut prévenir les complications potentielles.
   Ce programme de recherche vise à mieux cerner les mécanismes neuro-psycho-sociaux  impliqués par des études exploratoires et expérimentales multidisciplinaires. Les études incluent des personnes présentant un facteur de risque de maladie chronique, des patients malades chroniques et/ou des professionnels de santé. 
  

Transformations de soi et techniques d'amélioration de l’humain (responsable du programme : Pascal Nouvel)

   Depuis quelques décennies, les moyens techniques de transformation de l'homme se multiplient et se développent. On peut citer quatre grand types de techniques dont l’efficacité paraît promettre un usage de plus en plus étendu à l’avenir : les produits psychotropes de synthèse, la génétique, les nanotechnologies, les techniques s’appuyant sur l'informatique. Il s’agit là d'un ensemble de moyens de transformation de soi encore peu explorés par la philosophie et par la psychologie. La médecine commence à les employer pour palier à des déficits ou à des handicaps, mais les mêmes techniques peuvent aussi être utilisées, notamment dans le domaine sportif, pour accroître les performances d'un individu en produisant une transformation corporelle de celui-ci.
   Ce programme propose d'engager cette investigation sur une base interdisciplinaire, en faisant intervenir diverses institutions et des collaborations internationales. On cherchera, de plus, à mettre ce nouveau type d'intervention en relation avec des modes plus traditionnels d'action sur soi-même (analyse des similitudes et des différences), notamment ceux qu'ont pu développer la philosophie stoïcienne qui, dans l'antiquité déjà, proposait une série de techniques de transformation de soi fondées sur la méditation et sur la volonté. Ainsi, le programme vise à confronter deux grands modes de techniques de soi : celles qui sont issues des technologies elles-mêmes tirées d'un savoir scientifique et celles qui s'appuient sur les pouvoirs du langage et de la pensée.
      
 

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